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Communiqué de la Direction du Ladyss sur la Loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR)


« Il faut une loi ambitieuse, inégalitaire – oui, inégalitaire, une loi vertueuse et darwinienne, qui encourage les scientifiques, équipes, laboratoires, établissements les plus performants à l’échelle internationale, une loi qui mobilise les énergies. » Ainsi Antoine Petit, PDG du CNRS présente-t-il la future loi de programmation de la recherche qui sera présentée en début d’année.
Cette vision spencériste assumée promeut une lecture sélective des critères d’organisation et de réussite de la science que l’on est en droit d’interroger pour penser une activité de nature coopérative comme la production de la connaissance. Cette posture affiche en tout cas une rupture dans l’organisation de la Recherche et de l’enseignement supérieur qui heurte une grande partie de notre communauté scientifique. La mise en avant d’une inégalité revendiquée dans le contexte politique et social est saisissante, le terme atteste d’une volonté de transformation radicale. Transformation qui met en avant les performances individuelles d’un petit nombre et non le travail organique de collectifs scientifiques.
À l’automne 2018, 45 présidentes et présidents des sections et commissions interdisciplinaires du Comité national de la recherche scientifique, d’instance d’évaluation attachée au CNRS, et de jurys d’admissibilité des concours CNRS, ont alerté la communauté « L’étiolement programmé du CNRS est un symptôme du dédain pour la recherche publique ». L’alerte est régulièrement de mise à propos d’une recherche sur contrat et sur concours qui ne permet pas de faire face à un besoin saillant de recherche fondamentale.
Au printemps dernier, l’ensemble des laboratoires et des universités avait pourtant été mobilisé par un grand débat sur la préparation de cette loi de programmation. Comme de nombreux autres laboratoires, nous nous sommes exprimés. Nous avons souligné dans ce document que les conditions du travail d’un laboratoire supposaient des dotations pérennes, des équipes stables en personnel d’appui technique et administratif, des rémunérations décentes, et du temps pour mener à bien des activités qui sont de plus en plus fragmentées (en particulier pour les enseignants-chercheurs). Les nombreux échos que nous avons reçus tendent à confirmer que nous n’étions pas seul à souligner les effets pervers d’une Recherche fondée sur la mise en concurrence systématique pour l’accès aux ressources, sur la mise en place de mécanismes de division du travail plus étroits et une logique de moyens orientée vers un petit nombre de « chercheurs étoilés », de préférence recrutées sur un job market international, et enfin sur un accès beaucoup plus tardif à des postes stables et l’étiolement de structures de recherche organisées autour d’équipes pérennes.
Les premières informations sur cette loi de programmation nous font craindre qu’elle ne permettra pas de rattraper le retard que connaît la France en matière de financement de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Le discours sur le darwinisme ne correspond pas à l’idée de la pluralité des connaissances, des méthodes et des thématiques pour lequel nous sommes engagés, car les principes de sélection permanente ont systématiquement des effets pervers que les nouveaux dispositifs ne feront que renforcer : course à la publication « rémunératrice », sélection des thèmes à la mode, effet de starisation d’une minorité, dualisation entre catégories d’établissements. La remise en cause des statuts des personnels et la définition des missions (diminution du nombre de titulaires et montée constante de l’emploi sur contrat) nous engagent sur un autre modèle de performance que celui de la recherche, en particulier en SHS.
Dans un contexte social houleux, l’échéance que représente ce projet de loi suscite une mobilisation croissante au sein de notre monde professionnel. Gageons que nos institutions sauront entendre les nombreuses alertes et interpellations émises par la communauté des chercheurs et ainsi tirer un meilleur parti des nombreuses expériences individuelles et collectives que nous avons à partager pour rebâtir pour la Recherche un projet ambitieux et respectueux de ses cheville ouvrières du quotidien.
Une rupture dans l’enseignement supérieur et la recherche. Une régulation néolibérale, cliquer ici.




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