Accueil > Recherche > Axes de Recherche > Axe de recherche 3 : Environnement et développement : vers un nouveau paradigme ?

Axe de recherche 3 - L’environnement : vers un nouveau paradigme ?

Objectifs scientifiques

Toutes les versions de cet article : English | français


L’environnement, comme le montrent nos recherches sur des objets qui s’inscrivent dans ce champ (par exemple, la biodiversité, l’érosion des sols, les risques d’inondation ou de sécheresse) ainsi que sur les processus qui en sont à l’origine (des politiques publiques aux représentations sociales), est une problématique complexe.
S’y posent, tout à la fois, des questions de mondialisation de l’impact des activités humaines et des régulations (l’horizon Terre), des questions d’investissement des milieux de vie (sur le plan éthique, esthétique, etc.), des questions de dynamiques socio-paysagères, mais aussi des problèmes épistémologiques, philosophiques majeurs ; ce qui oblige même à reconsidérer l’ensemble des présupposés qui fondent ces champs de réflexion.

L’environnement peut être considéré comme un ensemble ouvert et interactif en recomposition constante engageant des enjeux d’échelle et d’interdisciplinarité ; il s’agit des relations entre les sciences sociales et les sciences de la vie et de la matière, mais aussi à l’intérieur des sciences sociales et entre les pratiques de recherche et les pratiques professionnelles.

En savoir plus :

Dès lors, il nous faut revoir la notion d’environnement. Il semble que la croissance urbaine et la somme des problèmes socio-environnemenatux posés dans l’espace public invitent à réfléchir sur les rapports entre les milieux de vie urbains et ruraux, les rapports des agriculteurs, des ruraux et des citadins, les rapports de la ville et de la campagne comme catégories d’analyse des dynamiques socio-territoriales. L’analyse des systèmes socio-productifs est un angle d’observation des rapports urbain/rural. Les espaces urbains, leur croissance, l’étalement des villes ainsi que les représentations de la nature en ville sont des clés d’entrée à ces questions. De manière plus générale, les villes forment un enjeu fort des problématiques de développement Nord/Sud, Est/Sud comme le montrent les questions liées au développement durable urbain.
Il s’agit d’évaluer les dynamiques socio-territoriales aujourd’hui en cours et d’opérer un retour réflexif sur les questions d’environnement ; de quelle façon le développement inégal des territoires et des milieux de vie oblige-t-il, par définition, à reconsidérer l’approche de l’environnement par les sciences sociales ? La question sociale de l’environnement ne réside pas, par définition, en un développement durable économe des ressources naturelles, avec ce que cela signifie sur les plans économique et social. Ce serait oublier qu’il s’agit d’abord d’un milieu de vie pour ses habitants. Dès lors, on voit bien qu’une part de la population se trouve incapable de tirer parti de nouvelles possibilités en matière de mobilités, captive de son environnement ; une autre part accède à un multi-environnement, profitant des ressources naturelles et culturelles de chacun d’entre eux, riche en termes de capital résidentiel.
Dans les milieux ruraux des pays du Nord et de l’Est, voire dans les régions « marginalisées », la fragmentation sociale va de pair avec une homogénéisation paysagère et écologique, du fait de la spécialisation productive, l’innovation et l’abandon des territoires ; dans les pays du Sud, plusieurs réalités s’enchevêtrent : un exode rural dont on n’a pas encore mesuré les conséquences, une dégradation écologique que l’on peine à cerner précisément, une reconversion des territoires ruraux à une agriculture industrielle homogénéisant les paysages, la préservation d’une agriculture familiale et des paysages en mosaïques associés.
Dans ce contexte, l’environnement se trouve saisi comme une question socio-écologique, mais aussi comme une question sociale qui renvoie notamment à des problèmes de compétitivité territoriale qui eux-mêmes ne sont pas purement sociaux, mais économiques.
L’enrichissement de la notion de paysage, dans le sens d’une prise en compte simultanée de son contenu naturel et fonctionnel, de son attrait esthétique et de ses qualités de cadre de vie, procède de cette volonté de reformulation des enjeux environnementaux et sociaux. Il y a là un défi quant à une transposition élargie au social d’approches telle celle de l’écologie du paysage ou de la biogéographie, par exemple.




français      english




Rechercher