Accueil > Recherche > Axes de Recherche > Archives > Observatoire Rural/Urbain > Présentation

Présentation


L’Observatoire des relations entre le rural et l’urbain, une histoire intellectuelle et institutionnelle.


Le projet d’un Observatoire de l’évolution de l’espace rural a été inscrit dans le programme du Ladyss, dès sa création en 1996, lors du regroupement des sociologues du GRMSE (Groupe de recherche des mutations des sociétés européennes, CNRS) et des géographes de Strates (Stratégies territoriales et dynamiques des espaces, Université Paris 1/CNRS). Puis, en 1997, le champ a été élargi à l’espace urbain et à l’évolution des rapports entre le rural et l’urbain.

Cet observatoire a également une filiation avec une opération plus ancienne : l’Observatoire du changement, lancé par le CNRS en 1970, dont l’idée centrale était l’observation continue comme solution méthodologique pour analyser le changement avec des approches empiriques. L’Observatoire des relations entre le rural et l’urbain, dans sa forme actuelle, a été inaugurée le 15 juin 1999 à la Sorbonne, sous l’égide de Bertrand Hervieu, politologue, et de Marie-Claude Maurel, géographe.

Le projet reposait sur le constat suivant : la césure entre le rural et l’urbain est une question majeure dans les sciences sociales. Deux thèses s’affrontaient : l’une, d’inspiration culturaliste, affirmant les limites de la coupure. Le rural serait absorbé par l’urbain, les modes de vie se seraient uniformisées, la modernisation agricole des années 1960 aurait définitivement accroché les paysans au wagon de la modernité. L’autre, d’inspiration plus marxiste, avançant l’idée de la persistance d’une coupure qui aurait évolué sous l’effet de l’arrêt des industries en milieu rural à la fin du XIXe siècle et du déplacement de la main d’œuvre vers les villes.

Au-delà des enjeux théoriques entre les partisans de ces thèses, l’observation des relations entre le rural et l’urbain était une entrée pour comprendre les changements des sociétés industrialisées. En effet, les termes du débat renvoyaient à la construction d’inégalités sociales et spatiales, aux rapports de domination et à un questionnement de nos méthodes d’analyse du réel.
Pour en savoir plus sur les premières années de l’Observatoire, consulter ses publications : le 4 pages et les Carnets

Ruralités et urbanités contemporaines

Aujourd’hui, nous pouvons faire les constats suivants :

  • Le rural et l’urbain sont des catégories qui ont encore une valeur heuristique en tant que catégories de référence mobilisées par des acteurs sociaux. Les débats sur la prédominance d’une catégorie sur l’autre sont moins sollicités au profit d’une utilisation plus nuancée prenant en compte des processus de contact, de proximité et/ou d’interrelation. Ainsi en est-il de l’emploi des notions de périurbain, de périrural.
  • La césure entre le rural et l’urbain a évolué dans le sens d’une réduction des dichotomies comme mode opératoire de compréhension des sociétés. Ce qui est en jeu dans nombre de recherches n’est pas tant la preuve de l’opposition entre le rural et l’urbain que l’analyse des phénomènes de syncrétisme, parfois involontaires, ou de transversalités. Les dualités structurantes telles tradition/modernité, permanences/changements, solidarités/conflits sont délaissées pour des approches en termes de relations ou d’interaction. Ainsi, des objets de recherche comme l’agriculture en ville, l’écologisation des pratiques agricoles, l’agriculture de proximité sont révélateurs des déplacements de la préoccupation sociale et scientifique.
  • L’émergence de préoccupations environnementales, alimentaires ou paysagères, ainsi que les processus d’étalement urbain et de mobilité résidentielle, sont des facteurs de recompositions des relations sociales et spatiales entre les urbains et les ruraux qui empruntent des voies tout autant innovantes que traditionnelles. Nous sommes fréquemment dans des dynamiques de relance, de réinterprétation et de réappropriation.

Méthodologie

Le niveau micro est privilégié dans l’Observatoire. C’est en étudiant à petite échelle les catégories du rural et de l’urbain qu’il est possible de parvenir à déterminer les entrées qualitatives indispensables à la compréhension de l’évolution de leurs rapports. L’intention est donc d’abord d’ordre qualitatif. Il complète en cela les nombreux observatoires institutionnels essentiellement quantitatifs. Les niveaux méso et macro ne sont pas négligés, mais nous les replaçons dans des problématiques élaborées à partir de l’échelon micro où se lisent plus aisément les contradictions des pratiques et des discours du rural et de l’urbain.

Agricultures et sociétés : quels savoirs, quelles relations réciproques ?

Depuis octobre 2008, après discussion au sein d’un collectif, nous avons décidé de donner une nouvelle orientation au séminaire de l’Observatoire. En s’appuyant sur des enquêtes de terrain et des recherches menées par des membres du Ladyss statutaires ou non, nous avons établi le diagnostic suivant : l’Observatoire est un outil permettant de mettre en évidence de nouvelles interdépendances entre les catégories du rural et de l’urbain. Or, la question agricole offre un terrain d’étude exemplaire de cette tendance lourde des sociétés contemporaines. Les nouveaux rapports des ruraux et des urbains à l’agriculture sont liés à des changements en relation avec les défis du développement durable, en particulier celui de l’articulation entre les dimensions environnementales, économiques et sociales des activités humaines. Ces changements prennent corps dans diverses opérations qui engagent les agriculteurs dans leur relation avec des populations rurales et/ou urbaines non agricoles. Le développement des Associations de maintien de l’agriculture paysanne (AMAP), des circuits courts, des systèmes de production alternatifs (agricultures biologique, paysanne, fermière) est une illustration de ce phénomène.

Notre hypothèse est la suivante : les transformations observées sont le fruit d’injonctions et d’incitations mises en œuvre par le pouvoir politique (voir le Grenelle de l’environnement) et/ou le résultat d’une acquisition de nouveaux savoirs. Ces savoirs sont en grande partie acquis hors du milieu scolaire. Les apprentissages se font dans les exploitations agricoles (contacts directs avec les agriculteurs, visite à la ferme, séjours en milieu rural) ou dans des lieux urbains (marchés, lieux de distribution) mais ils ont tous pour point commun de s’élaborer dans le cadre de liens sociaux entre populations agricoles et non agricoles.




français      english




Rechercher


Plaquette du Ladyss
PNG - 17.3 ko



Livret des doctorants
PNG - 19.3 ko



PNG - 4.1 ko


JPEG - 6.9 ko


JPEG - 14.3 ko


JPEG - 7.9 ko


PNG - 5.8 ko